Pulp Fiction donne l'occassion à Tarantino de jouer les contres emplois. Ainsi John Travolta sort de l'ornière "has been" dans laquellle Hollywood l'avait enfermé en souvenir de la Fièvre du samedi soir. Succède alors un quadragènaire ventripotent shooté à l'héro, le cheveu gras et a la morale douteuse. De meme pour Bruce Willis qui troque le sauvetage du Monde pour celui d'une montre paternelle transmise d'anus en anus.
De L. Jackson, à Tim Roth, de Tarantino lui même à Harvey Keitel, tous sont les héros de leur propre scène, voire d'une réplique, et porte le film vers des sommets.
Tarantino n'est pas le réalisateur d'une seule scène; chaque séquence est assumée comme étant la plus importante du long métrage. En dépit de l'ordre non chronologique des séquences et de ses choix de mise en scène complexes, l'ensemble est non seulement cohérent, mais révèle le style et la vision de Tarantino. Sa signature ne suit pas simplement les courbes de sa mise en scène ou le rythme des musiques qu'il choisit pour 60% avant même d'écrire les scénarii, mais offre aussi tout un assortiment de détails qui traduisent un certain fétichisme sentimental chez Quentin Tarantino.